Les expositions de Miriam Hartmann

Réalité éphémère

Il y a dans l’art ceux qui, fascinés par le spectacle du monde ; lui rendent hommage dans sa représentation, en restituant scrupuleusement ses moindres détails. Et puis, ceux qui en donnent une interprétation personnelle dans sa présentation ; et c’est précisément ce qui nous est proposé à voir, et fait l’objet de cette exposition.

Une matière incapable de s’organiser : est vouée au chaos, à une folie muette sans l’intervention de l’esprit ; de la conscience. Aussi, après l’avoir stabilisée, Miriam Hartmann, poursuit dans ses tentatives, à débarrasser le spectacle enchanté du monde ; de son déguisement ; de son écorce recouvrant ses pieds d’argile, et le présente dans sa fragile nudité.

Fille de pasteur, c’est dans ses croix aux contours puissants, et la trame que forment les filaments des traits dans ses paysages ; qu’elle tente de nous interpeller sur ces traces calcinées, ces bornes milliaires qui interrogent le ciel. La connaissance de soi s’acquiert par la révélation et non par le pouvoir ; elle tend vers l’essentiel, et pose l’humilité comme condition première. Ainsi, nous sommes conviés par sa quête : au spectacle d’une réalité bouleversée par sa transmutation, dans une dimension quasi abstraite à force d’introspection : délivrant ainsi de ses frontières, une réalité éphémère.

Pierre Masbanaji

13.02.2015

Les affiches des expositions 2014 - 2018